• Agathe

#33 - Vietnam

Mis à jour : juin 24

Terre des oublis de Duong Thu Huong


Mien rentre chez elle et fait face au plus gros dilemme de sa vie : Son premier mari, supposé mort au combat, est rentré. Mais entre temps, Mien s’est mariée et a eu avec cet homme, un petit garçon.


Elle doit donc choisir entre un mari qu’elle n’aime plus mais qui, aux yeux de tous, est un héros qui rentre du front, et l’homme qui la rend heureuse. Elle doit choisir entre ses désirs et les devoirs que lui impose son éducation.


Le livre nous plonge tour à tour dans la tête des trois protagonistes, de sorte qu’une seule conclusion s’impose : il n’y a pas de méchant dans l’histoire, aucune solution qui ne blessera personne. Il n’y a ni bonne ni mauvaise décision, mais le choix est obligatoire. Chacun se débat avec ses valeurs, ses besoins et tente de survivre dans une société impitoyable où le voisinage suit leurs déboires avec avidité.


7/10


Même si le livre aurait gagné à être un peu plus court, j’ai beaucoup apprécié. J’ai été tenue en haleine par la curiosité. On a envie de savoir si l’un va obtenir ce qu’il attend depuis si longtemps, comment tel personnage réagira quand il saura que tel évènement se produit, quel passé explique le comportement de tel protagoniste...

C’est également une tranche de vie très bien racontée, avec de longues descriptions paisibles où l’on s’immerge facilement et où on s’y sent bien. Moi qui ne suis pas fan des livres descriptifs, là cela ne m’a pas dérangé, bien au contraire.


Le livre permet aussi de faire réfléchir sur la notion de fierté. A quelle moment nos valeurs et notre fierté prime sur nos besoins et nos désirs ? L’égoïsme est-t-il une mauvaise chose ?



- Vous croyez alors que le ciel protège les commerçants chinois ? - Ils ont d'authentiques talents. Tout d'abord parce qu'ils ont de l'expérience. Les Chinois savent commercer depuis l'Antiquité. Ils savaient déjà construire des bateaux pour franchir les mers, ils connaissaient déjà la valeur de l'argent pendant que nous autres, Vietnamiens, nous chantions les louanges de la pauvreté honnête, de la pureté d'âme, et que nous méprisions ceux qui faisaient fortune par la voie du commerce et non grâce aux moissons et aux prébendes mandarinales. Le choix de nos valeurs était erroné dès le départ. Nous en payons le prix.
9 vues

SUBSCRIBE VIA EMAIL

© 2023 by Salt & Pepper. Proudly created with Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now